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Bonne foi du tiers acquéreur face à la nullité de la vente immobilière initiale (Cour Suprême 2006)

Décision de justice 13 février 2013 Droit Immobilier & FoncierDroit Fiscal & DouanierDroit Civil

La Cour Suprême a jugé que la bonne foi d'un second acquéreur ne valide pas l'achat d'un bien immobilier déjà vendu par les mêmes vendeurs. Elle protège seulement contre la démolition des constructions. La décision de la cour inférieure a été cassée pour motivation insuffisante, ayant ignoré la validité de la première vente.

Points clés

Résumé

La Cour Suprême a statué sur un cas de double vente immobilière. Un bien ayant fait l'objet d'une première vente valide a été revendu par les mêmes vendeurs à un second acquéreur. La Cour a rappelé que les vendeurs avaient cédé un bien qu'ils ne possédaient plus. Le principe central affirmé est que la bonne foi du second acheteur, à elle seule, ne peut conférer de validité à l'acquisition d'un bien immobilier non immatriculé appartenant déjà à autrui. Toutefois, cette bonne foi n'est pas sans effet : elle empêche le véritable propriétaire de demander la démolition des constructions érigées par le second acquéreur sur le terrain. La Cour a cassé la décision de la cour inférieure, qui avait rejeté la demande du premier acheteur en se basant uniquement sur la bonne foi et la possession du dernier acquéreur, sans évaluer si cette possession remplissait les conditions jurisprudentielles requises. Cette motivation a été jugée insuffisante, équivalant à une absence de motivation, justifiant l'annulation de la décision.

Texte

Attendu que la Cour a jugé, par une décision définitive, que le contrat de vente émanant des vendeurs était un contrat de vente parfait réunissant tous ses éléments, et qu'ils ont ensuite procédé à la vente du bien immobilier au prédécesseur des défendeurs, ils ont donc vendu ce qu'ils ne possédaient pas, et que la bonne foi du second acheteur seule n'a aucun effet sur la validité de son achat d'un bien immobilier non immatriculé appartenant à autrui, mais elle empêche le propriétaire de demander à l'acheteur de démolir les constructions qu'il a érigées sur le terrain qu'il a acheté. Par conséquent, la Cour aurait dû statuer sur les demandes du requérant, en sa qualité de premier acheteur, à la lumière des pièces produites, et en se fondant uniquement sur la bonne foi du dernier acheteur et sur sa prise de possession du bien immobilier pour rejeter la demande du requérant, et sans préciser si la possession de l'acheteur remplissait les conditions prévues par la jurisprudence, elle a motivé sa décision de manière insuffisante, ce qui équivaut à une absence de motivation, ce qui justifie la cassation et l'annulation de la décision.

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