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Force probante : le certificat médical établissant une maladie mortelle prévaut sur la constatation de capacité apparente de l'acte adoulaire (Cass. sps. 2008)

Décision de justice 1 octobre 2012 Droit Pénal & Justice

Un arrêt de la Cour de Cassation marocaine établit que les certificats médicaux prouvant une "maladie de la mort" priment sur l'attestation de capacité apparente d'un acte adoulaire. Une libéralité consentie durant cette maladie peut être annulée, même si le disposant semblait sain d'esprit, surtout si le décès survient peu après l'acte.

Points clés

Résumé

La Cour de Cassation marocaine a statué que l'attestation de pleine capacité (الأتمية) établie par les adouls est insuffisante pour valider une libéralité si des certificats médicaux circonstanciés prouvent que l'acte a été consenti durant la "maladie de la mort" (مرض الموت). Cette maladie est définie objectivement comme une affection présentant une haute probabilité d'issue fatale, indépendamment de l'altération des facultés intellectuelles du patient. Le bref délai entre l'acte et le décès constitue un indice prépondérant que les juges du fond ne peuvent ignorer. La validité d'une disposition à titre gratuit ne s'apprécie donc pas uniquement au regard de la santé mentale apparente du disposant. En conséquence, un arrêt d'appel qui écarte l'annulation d'un acte en se basant exclusivement sur la constatation formelle de capacité par les adouls, sans analyser les preuves médicales de la gravité de l'état du donateur et la proximité du décès, encourt la cassation pour défaut de base légale. Il incombe aux juridictions de fond de rechercher si les pathologies attestées et la proximité du décès caractérisent une libéralité faite durant cette ultime maladie.

Texte

L'attestation de pleine capacité (الأتمية) du disposant, établie par les adouls, est insuffisante à valider une libéralité lorsque des certificats médicaux circonstanciés prouvent que l'acte a été consenti durant la maladie de la mort (مرض الموت). Le bref délai séparant l'acte du décès constitue un indice prépondérant que les juges du fond ne sauraient ignorer. La maladie de la mort (مرض الموت) se définit objectivement comme l'affection qui, selon un pronostic médical, présente une haute probabilité d'issue fatale, et ce, indépendamment du fait qu'elle altère ou non les facultés intellectuelles du patient. La validité d'une disposition à titre gratuit ne s'apprécie donc pas au seul regard de la santé mentale apparente du disposant. En conséquence, encourt la cassation pour défaut de base légale l'arrêt d'appel qui, pour écarter l'annulation de l'acte, se fonde exclusivement sur la constatation formelle de la capacité (الأتمية) par les adouls, sans analyser les preuves médicales établissant la gravité de l'état du donateur. Il appartient à la juridiction du fond de rechercher si les pathologies attestées et la proximité du décès caractérisent une libéralité faite durant cette ultime maladie.

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