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Liquidation de l'astreinte : Le préjudice du créancier est présumé du seul fait du refus d'exécuter une décision de justice (CA. com. Casablanca 2024)

Décision de justice 17 avril 2026 Droit Pénal & Justice

La Cour d'Appel de Commerce de Casablanca établit que le préjudice du créancier est présumé lors de la liquidation d'une astreinte, du seul fait du refus d'exécution d'une décision de justice.

Points clés

Résumé

Cette décision de la CA. com. Casablanca clarifie les conditions de liquidation des astreintes. Elle affirme que le préjudice subi par le créancier n'a pas besoin d'être prouvé, car il est présumé dès lors que le débiteur refuse d'exécuter une décision de justice. Cette présomption simplifie la procédure pour le créancier et renforce l'effectivité des décisions judiciaires, en incitant les parties à se conformer aux jugements. Elle s'applique aux litiges où une astreinte a été prononcée pour contraindre à l'exécution.

Texte

Saisi d'un appel contre un jugement liquidant une astreinte, la cour d'appel de commerce examine les conditions de cette liquidation en cas d'inexécution partielle d'une injonction de faire. Le tribunal de commerce avait condamné solidairement un assureur et un établissement bancaire à payer une somme à titre de liquidation de l'astreinte prononcée pour défaut de remise de deux contrats d'assurance. Les appelants soutenaient, d'une part, l'inexistence de l'un des contrats et, d'autre part, l'absence de préjudice justifiant la liquidation. La cour écarte le moyen tiré de l'inexistence du contrat, rappelant qu'il se heurte à l'autorité de la chose jugée attachée à la décision ayant ordonné la remise des pièces. Elle retient ensuite que le préjudice est constitué par le seul fait de l'inexécution d'une décision de justice, sans qu'il soit nécessaire pour le créancier de prouver un dommage distinct. La cour précise que la remise d'un seul des deux contrats constitue une exécution partielle qui laisse subsister l'inexécution pour le surplus et justifie la liquidation. Le montant de la condamnation, relevant du pouvoir d'appréciation du juge, est considéré comme proportionné au regard de la résistance des débiteurs. Le jugement entrepris est par conséquent confirmé.

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