Blanchiment de capitaux : constitue un acte d'assistance le fait de recevoir des fonds pour le compte d'un tiers, l'élément intentionnel se déduisant des circonstances suspectes de la réception (TPI Marrakech 2025)
Recevoir des fonds pour un tiers constitue un acte d'assistance au blanchiment, l'intention étant déduite des circonstances suspectes.
Points clés
- Réception de fonds pour autrui est assistance.
- Intention déduite des circonstances suspectes.
- Facilite la preuve du blanchiment de capitaux.
Résumé
Cette décision de la TPI Marrakech précise que le simple fait de recevoir des fonds pour le compte d'un tiers est considéré comme un acte d'assistance dans le cadre du blanchiment de capitaux. L'élément intentionnel, crucial pour caractériser l'infraction, peut être déduit des circonstances suspectes entourant la réception des fonds, même en l'absence d'aveu direct. Cela renforce la lutte contre le blanchiment en facilitant la preuve de l'intention coupable.
Texte
L'infraction de blanchiment de capitaux est constituée dès lors qu'il existe des flux financiers suspects rattachés à une infraction d'origine, sans qu'une condamnation définitive pour cette dernière ne soit requise. Le tribunal en déduit que l'enquête pour blanchiment de capitaux est un moyen autonome de remonter à la source de fonds dont la provenance n'est pas justifiée. Commet un acte d'assistance au blanchiment de capitaux, au sens de l'article 574-1 du Code pénal, la personne qui reçoit des fonds pour le compte d'un tiers afin de dissimuler leur origine criminelle. La connaissance de cette origine illicite peut être souverainement déduite par le juge des circonstances de fait, notamment la réception répétée de transferts de la part de multiples personnes inconnues et impliquées dans l'infraction d'origine.
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