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Responsabilité pénale du tireur en cas d'opposition irrégulière au paiement d'un chèque (Cass. crim. 2004)

Opposer un chèque pour un litige commercial est illégal et engage la responsabilité pénale du tireur. Seuls la perte, le vol, l'usage frauduleux ou la falsification sont des motifs légitimes d'opposition selon l'article 271 du Code de commerce. Le chèque est un instrument de paiement, non une garantie.

Points clés

Résumé

La Cour suprême a statué qu'un litige commercial ou la non-exécution d'un contrat ne constituent pas des motifs légitimes pour faire opposition au paiement d'un chèque. L'article 271 du Code de commerce énumère de manière limitative les cas d'opposition valables : la perte, le vol, l'utilisation frauduleuse, la falsification du chèque, ou l'ouverture d'une procédure collective à l'encontre du porteur. Le chèque est conçu comme un instrument de paiement payable à vue, et non comme une garantie contractuelle. Par conséquent, toute opposition fondée sur des motifs non prévus par la loi est considérée comme irrégulière et suffit à constituer une infraction pénale. Le juge pénal n'a pas à examiner le bien-fondé de la créance sous-jacente, car l'action pénale est autonome des actions civiles ou commerciales. En bloquant irrégulièrement le paiement d'un chèque, le tireur engage directement sa responsabilité pénale, indépendamment de la validité du contrat initial.

Texte

Un litige commercial relatif à l'exécution du contrat pour lequel un chèque a été émis ne constitue pas un motif légitime d'opposition à son paiement. La Cour suprême rappelle que les cas d'opposition sont limitativement énumérés par l'article 271 du Code de commerce, à savoir la perte, le vol, l'utilisation frauduleuse, la falsification du chèque ou la procédure collective ouverte à l'encontre du porteur. Le chèque étant un instrument de paiement payable à vue et non une garantie d'exécution contractuelle, son blocage irrégulier suffit à constituer l'infraction. Le juge pénal n'a pas à se pencher sur le bien-fondé de la créance sous-jacente, l'action pénale étant autonome de l'action civile ou commerciale. En conséquence, le tireur engage sa responsabilité pénale en formant une opposition pour un motif non prévu par la loi.

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