QanounAlert
AccueilDroit CivilActe sous seing privé : la dénégation de signature par un…

Acte sous seing privé : la dénégation de signature par un héritier n'inverse pas la charge de la preuve mais impose une mesure de vérification (Cass. civ. 2003)

Décision de justice 28 février 2013 Droit CivilDroit Fiscal & Douanier

En cas de dénégation de signature par un héritier sur un acte sous seing privé, le juge ne peut rejeter la demande sans vérifier l'écriture. Il doit appliquer l'article 89 du Code de procédure civile, faute de quoi la charge de la preuve est indûment inversée.

Points clés

Résumé

Cette décision de la Cour Suprême établit que face à la dénégation de signature d'un défunt par ses héritiers sur un acte sous seing privé, notamment une promesse de vente, le juge du fond ne peut se contenter de rejeter la demande au motif que l'authenticité n'est pas prouvée par le demandeur. La Cour souligne que cette dénégation n'inverse pas automatiquement la charge de la preuve, mais impose au juge d'office de mettre en œuvre la procédure de vérification d'écriture prévue par l'article 89 du Code de procédure civile. Cette mesure d'instruction est essentielle pour établir la vérité. En s'abstenant de recourir à cette procédure qui relève de son office, la cour d'appel fait peser indûment la charge de la preuve sur la seule partie demanderesse et prive sa décision de base légale, justifiant ainsi la cassation de son arrêt. L'arrêt insiste sur l'obligation du juge d'agir proactivement pour vérifier les documents contestés, plutôt que de rejeter une demande sur la seule base d'une dénégation.

Texte

Face à une action en exécution forcée d’une promesse de vente, le juge du fond ne peut se borner à rejeter la demande au motif que la signature de l’auteur des défendeurs est déniée par ces derniers et que la preuve de son authenticité n'est pas rapportée par le demandeur. La Cour Suprême juge qu’il incombe à la juridiction saisie, confrontée à une telle dénégation, de mettre en œuvre la procédure de vérification d’écriture prévue par l’article 89 du Code de procédure civile. En s'abstenant de recourir à cette mesure d’instruction qui relève de son office, la cour d’appel fait peser indûment la charge de la preuve sur la seule partie demanderesse et prive sa décision de base légale, justifiant ainsi la cassation de son arrêt.

📄 Source officielle (PDF)

Suivez les nouveaux textes de loi marocains

Créez une alerte gratuite et soyez notifié dès qu'un texte touche votre domaine. Recherche dans +37 000 documents, résumés IA en français et en arabe.

Commencer gratuitement

Textes juridiques liés