QanounAlert
AccueilDroit CivilSentence arbitrale et exequatur : l'interprétation des…

Sentence arbitrale et exequatur : l'interprétation des clauses du contrat par les arbitres ne constitue pas une violation de l'ordre public (Cass. com. 2006)

Décision de justice 4 décembre 2012 Droit Civil

La Cour de cassation a jugé que l'interprétation des clauses contractuelles par les arbitres relève de leur mission et ne viole pas l'ordre public. Le juge de l'exequatur ne peut refuser l'exécution d'une sentence en contrôlant son bien-fondé, ce qui excède ses pouvoirs.

Points clés

Résumé

Cette décision de la Cour de cassation clarifie l'étendue des pouvoirs des arbitres et les limites du contrôle exercé par le juge de l'exequatur. Elle affirme que l'interprétation des clauses d'un contrat par les arbitres est une prérogative inhérente à leur mission et ne saurait être considérée comme une atteinte à l'ordre public. Par conséquent, une cour d'appel commet une erreur de droit en refusant l'exequatur d'une sentence arbitrale sous prétexte que la qualification juridique donnée par les arbitres (par exemple, une vente soumise à une condition potestative) excéderait leur mandat. Un tel refus équivaut à un contrôle du bien-fondé de la sentence, ce qui est strictement prohibé pour le juge de l'exequatur dont le rôle se limite à vérifier la conformité de la sentence aux règles procédurales et à l'ordre public international, sans réexaminer le fond du litige. La Cour a également précisé que l'exercice d'un recours en rétractation n'empêche pas un pourvoi en cassation, ces deux voies de recours étant cumulables.

Texte

L’interprétation des clauses d’un contrat par les arbitres relève de leur office et ne constitue pas en soi une atteinte à l’ordre public. Viole par conséquent les articles 306 et 321 du Code de procédure civile, et encourt la cassation, la décision d'une cour d'appel qui refuse l'exequatur d'une sentence au motif que la qualification d'une vente comme suspendue à une condition potestative excèderait la mission des arbitres. Un tel raisonnement revient à exercer un contrôle sur le bien-fondé de la sentence, ce qui excède les pouvoirs du juge de l'exequatur. La Cour Suprême rappelle par ailleurs que l'exercice d'un recours en rétractation ne vaut pas renonciation au pourvoi en cassation, le cumul de ces deux voies de recours n'étant pas prohibé par la loi.

📄 Source officielle (PDF)

Suivez les nouveaux textes de loi marocains

Créez une alerte gratuite et soyez notifié dès qu'un texte touche votre domaine. Recherche dans +37 000 documents, résumés IA en français et en arabe.

Commencer gratuitement

Textes juridiques liés