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Pouvoirs d'instruction du juge administratif : Le contrôle de la matérialité des faits prime sur l'examen de la légalité formelle (Cass. adm. 2001)

Décision de justice 3 janvier 2013 Droit Administratif

La Cour suprême a cassé un jugement annulant un arrêté de démolition pour défaut de notification. Elle a jugé que le juge administratif devait d'abord vérifier la matérialité de l'exécution de la décision et les preuves de notification avant d'examiner la légalité formelle, soulignant l'importance de l'instruction des faits.

Points clés

Résumé

La Cour suprême a annulé un jugement administratif qui avait prononcé la cassation d'un arrêté de démolition, initialement motivée par un simple défaut de notification préalable à l'administré. La haute juridiction a reproché aux juges du fond un défaut d'instruction, estimant qu'ils n'avaient pas pleinement exercé leur office. Avant de se prononcer sur la légalité formelle de l'acte, il incombait au juge administratif de vérifier deux points essentiels : premièrement, si la décision de démolition, bien que datée, avait été matériellement exécutée ; deuxièmement, d'instruire les moyens de preuve avancés par l'administration concernant ses tentatives de notification. En s'abstenant de cette double investigation factuelle et probatoire, la juridiction administrative n'a pas rempli son devoir d'instruction. La Cour suprême a ainsi affirmé que le contrôle de la matérialité des faits et l'examen des preuves doivent primer ou précéder l'examen de la légalité formelle. L'affaire est renvoyée pour être rejugée conformément à ces exigences.

Texte

La Cour suprême casse un jugement ayant annulé un arrêté de démolition au motif d'un défaut de notification préalable à l'administré. La haute juridiction reproche aux juges du fond un défaut d’instruction, estimant qu'il leur incombait d'examiner deux questions préalables avant de se prononcer sur la légalité formelle de l'acte. Il appartenait en effet au juge de vérifier, premièrement, si la décision de démolition, déjà ancienne, avait été matériellement exécutée. Ensuite, il se devait d’instruire les moyens de preuve avancés par l'administration visant à démontrer que la notification avait bien été tentée. En s'abstenant de cette double investigation factuelle et probatoire, la juridiction administrative n'a pas exercé la plénitude de son office de juge. La cassation est par conséquent prononcée pour insuffisance de motivation et défaut d’instruction, avec renvoi de l’affaire pour qu'elle soit rejugée conformément à ces exigences.

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