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Responsabilité administrative : la compétence se détermine par le fait générateur initial et non par l'accord indemnitaire ultérieur (Cass. adm. 2001)

Décision de justice 7 décembre 2012 Droit Administratif

La compétence du juge administratif pour les actions en réparation de préjudice causé par une faute de l'Administration est déterminée par le fait générateur initial, et non par un accord indemnitaire ou d'échange ultérieur. Ce principe garantit que la responsabilité administrative est jugée sur la base de la faute originelle.

Points clés

Résumé

La Cour Suprême marocaine a établi que la compétence du juge administratif en matière de responsabilité est ancrée dans le fait générateur initial du dommage, c'est-à-dire la faute commise par l'Administration. Ce principe est fondamental car il écarte toute tentative de requalifier le litige en nature contractuelle, même si un accord d'échange ou d'indemnisation est intervenu ultérieurement entre l'Administration et le particulier lésé. L'arrêt de 2001 illustre cette règle en confirmant la compétence administrative pour une action en réparation du préjudice subi par un particulier privé de son droit de jouissance sur un bien, suite à une attribution fautive de ce bien à des tiers par l'Administration. Le raisonnement de la Cour souligne que le fondement de l'action réside dans la faute de service originelle, et non dans l'accord subséquent. Par conséquent, l'action en responsabilité relève du contentieux de pleine juridiction administrative, conformément aux dispositions de l'article 8 de la loi n° 41-90, qui régit l'organisation des tribunaux administratifs au Maroc.

Texte

L'action en réparation du préjudice né de la dépossession d'un bien du fait d'une faute de l'Administration relève de la compétence du juge administratif, nonobstant l'existence d'un accord d'échange ultérieur. Le fondement de l'action ne réside pas dans cet accord mais dans la faute administrative initiale qui a engendré le dommage. La Cour Suprême applique ce principe en jugeant que la demande d'indemnisation d'un particulier, privé de son droit de jouissance sur un bien suite à son attribution fautive à des tiers par l'Administration, est de nature administrative. Le raisonnement de la Cour écarte la nature contractuelle du litige en établissant que le fait générateur n'est pas l'accord d'échange subséquent, mais bien la faute de service originelle. L'action en responsabilité qui en découle relève ainsi du contentieux de la pleine juridiction administrative, conformément à l'article 8 de la loi n° 41-90.

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