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Contentieux des télécommunications : La nature commerciale du contrat d'abonnement exclut la compétence du juge administratif (Cass. adm. 2000)

Le contentieux des contrats d'abonnement téléphonique relève des juridictions de droit commun, non du juge administratif. La Cour Suprême fonde cette décision sur la nature commerciale de l'opérateur télécom et l'absence de prérogatives de puissance publique pour le recouvrement, suite à l'abrogation du régime antérieur par la loi n° 24-96.

Points clés

Résumé

La Cour Suprême a tranché que les litiges issus des contrats d'abonnement téléphonique relèvent de la compétence des juridictions de droit commun, écartant ainsi le juge administratif. Cette décision est motivée par le statut commercial de la société de télécommunications, tel qu'établi par la loi n° 24-96, et l'absence de toute prérogative de puissance publique en matière de recouvrement de créances. La haute juridiction a rappelé que le dahir de 1984, qui accordait un privilège de recouvrement à l'ancien office public, a été expressément abrogé par la loi n° 24-96. Par conséquent, les créances téléphoniques sont désormais considérées comme purement commerciales, et les avis de paiement ne sont que de simples mises en demeure, insusceptibles de recours pour excès de pouvoir. Le juge administratif, en se déclarant compétent, aurait méconnu l'article 8 de la loi n° 41-90 définissant sa juridiction, justifiant la cassation de sa décision.

Texte

Le contentieux né des contrats d’abonnement téléphonique relève de la compétence des juridictions de droit commun, la relation entre l’opérateur et son client étant régie par le droit privé. La Cour Suprême fonde cette solution sur le statut commercial de la société de télécommunications, tel qu’établi par la loi n° 24-96, et sur l'absence de toute prérogative de puissance publique qui lui serait conférée pour le recouvrement de ses créances. Est ainsi définitivement écartée l'application du régime antérieur, qui octroyait à l'ancien office public un privilège de recouvrement aligné sur celui des deniers de l'État. La haute juridiction rappelle que le dahir de 1984 instituant ce privilège a été expressément abrogé par la loi n° 24-96, entraînant sa disparition. Dès lors, une créance téléphonique revêt un caractère purement commercial et l'avis de paiement adressé à l'abonné n’est qu’une simple mise en demeure, insusceptible de recours pour excès de pouvoir. En se déclarant compétent, le juge administratif méconnaît le champ d'application de sa propre juridiction tel que défini par l’article 8 de la loi n° 41-90, justifiant la cassation de sa décision.

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